{"id":1429,"date":"2024-08-11T17:11:26","date_gmt":"2024-08-11T15:11:26","guid":{"rendered":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/?p=1429"},"modified":"2024-10-31T13:18:29","modified_gmt":"2024-10-31T11:18:29","slug":"episode-4-des-seigneurs-et-des-hommes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/2024\/08\/11\/episode-4-des-seigneurs-et-des-hommes\/","title":{"rendered":"Episode 4 : Des seigneurs et des hommes"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-buttons is-content-justification-center is-layout-flex wp-container-core-buttons-is-layout-a89b3969 wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link has-text-align-center wp-element-button\" href=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/podcast\/\">Ecouter l&rsquo;\u00e9pisode<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous et bienvenue dans le Scriptorium pour ce quatri\u00e8me \u00e9pisode du \u00ab&nbsp;(pas si) Moyen \u00e2ge&nbsp;\u00bb&nbsp;! <\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, nous allons nous int\u00e9resser \u00e0 la f\u00e9odalit\u00e9. Dans les grandes lignes, la f\u00e9odalit\u00e9 c\u2019est le syst\u00e8me politique, \u00e9conomique et social qui a domin\u00e9 l\u2019Europe occidentale du Xe au XIIIe si\u00e8cle. On pourrait se contenter de \u00e7a et passer \u00e0 un autre sujet, mais nenni ! Ici on ne fait pas les choses \u00e0 moiti\u00e9, et je me suis bien retourn\u00e9 les neurones pour cet \u00e9pisode, car une fois qu\u2019on a ouvert la bo\u00eete de Pandore il y a tellement de choses \u00e0 dire que c\u2019est difficile de garder un cap. Et surtout, de faire en sorte de rester claire et concise, sans sacrifier l\u2019histoire. Et alors que je tournais en rond \u00e0 me demander comment rendre cet \u00e9pisode un peu plus digeste, j\u2019ai eu une id\u00e9e g\u00e9niale\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button is-style-outline is-style-outline--1\"><a class=\"wp-block-button__link has-luminous-vivid-amber-color has-ast-global-color-5-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-element-button\" href=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/podcast\/\">Ecouter l&rsquo;\u00e9pisode pour d\u00e9couvrir le trailer<\/a><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Vous voyez, quand je vous dis que l\u2019histoire m\u00e9di\u00e9vale c\u2019est trop bien ! Et le plus beau c\u2019est que je n\u2019ai rien invent\u00e9 de tout \u00e7a, ce que vous allez pouvoir constater par vous-m\u00eame d\u00e8s maintenant, puisqu\u2019on va entrer dans le vif du sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour partir \u00e0 la d\u00e9couverte des origines des institutions f\u00e9odo-vassaliques, nous allons commencer par nous int\u00e9resser \u00e0 la monarchie franque \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque m\u00e9rovingienne.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019on appelle les royaumes francs, ce sont les diff\u00e9rents royaumes qui se sont succ\u00e9d\u00e9 ou ont cohabit\u00e9 en Europe occidentale suite au d\u00e9clin de l&rsquo;Empire romain d&rsquo;Occident et \u00e0 la conqu\u00eate de ces territoires par les Francs au cours du Ve si\u00e8cle. Les Francs sont un des nombreux peuples d\u2019origine germanique \u00e0 vivre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019Empire romain, au m\u00eame titre que, par exemple, les Su\u00e8ves, les Burgondes, les Saxons et tant d\u2019autres. Les Francs \u00e9taient install\u00e9s notamment sur la rive droite du Rhin, soit dans la r\u00e9gion de l\u2019ouest de l\u2019Allemagne et de la Belgique actuelle. Ils ne forment cependant pas un royaume uni en tant que tel jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement de Clovis Ier qui va unifier toutes les tribus franques sous un seul et m\u00eame r\u00e9gime, et accessoirement (mais ce sera plus tard) se convertir au christianisme.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des conqu\u00eates successives, le royaume des Francs va finir par se confondre g\u00e9ographiquement en grande partie avec ce qu\u2019on appelle la Gaule. Progressivement, le terme \u00ab&nbsp;Franc&nbsp;\u00bb va finir par d\u00e9signer non plus l\u2019ethnie, mais les sujets des rois m\u00e9rovingiens de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. Et justement, qu\u2019est-ce qu\u2019un roi \u00ab&nbsp;m\u00e9rovingien&nbsp;\u00bb ?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-large is-resized\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"724\" src=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/royaume-francs-481-814-grand-format-1024x724.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1432\" style=\"width:726px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/royaume-francs-481-814-grand-format-1024x724.png 1024w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/royaume-francs-481-814-grand-format-300x212.png 300w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/royaume-francs-481-814-grand-format-768x543.png 768w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/royaume-francs-481-814-grand-format-1536x1086.png 1536w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/royaume-francs-481-814-grand-format.png 1735w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Carte de l&rsquo;\u00e9volution du Royaume des Francs de 481 \u00e0 814. <a href=\"https:\/\/www.cartesfrance.fr\/histoire\/cartes-royaume-francs\/carte-royaume-Francs-481-814.html\">Source<\/a><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>La dynastie m\u00e9rovingienne \u00e9tait la famille r\u00e9gnante des Francs depuis environ 481, date \u00e0 laquelle Clovis Ier monta sur le tr\u00f4ne, jusqu&rsquo;en 751, date \u00e0 laquelle Child\u00e9ric III fut d\u00e9pos\u00e9 et o\u00f9 les M\u00e9rovingiens se firent piquer la place par la dynastie carolingienne. Si les Carolingiens peuvent se vanter de compter parmi les leurs le tr\u00e8s c\u00e9l\u00e8bre Charlemagne, les M\u00e9rovingiens n\u2019ont cependant pas \u00e0 rougir puisqu\u2019ils ont quand m\u00eame \u00e9tabli en leur temps le royaume le plus vaste et le plus puissant d&rsquo;Europe occidentale. Le nom de la dynastie est d\u00e9riv\u00e9 de l&rsquo;un de ses anc\u00eatres, Merov\u00e9e, le grand-p\u00e8re de Clovis Ier que nous avons mentionn\u00e9 un peu plus t\u00f4t.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parler de la dynastie m\u00e9rovingienne ou de royaume m\u00e9rovingien peut donner l\u2019impression d\u2019une entit\u00e9, d\u2019un territoire uni, que les rois successifs se sont l\u00e9gu\u00e9s de p\u00e8re en fils. Or, c\u2019est tout sauf le cas. Apr\u00e8s sa mort, le royaume de Clovis fut partag\u00e9 en parts \u00e9gales entre ses quatre fils et cette tradition de partager les terres entre tous les fils va se perp\u00e9tuer au fil des g\u00e9n\u00e9rations, conduisant au morcellement progressif du territoire et cr\u00e9ant un terreau propice \u00e0 la guerre civile.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 un climat politique un peu tendu, comme on l\u2019imagine, la dynastie va quand m\u00eame tenir encore relativement la route jusqu\u2019au r\u00e8gne de Dagobert Ier, qui monte sur le tr\u00f4ne en 629. Mais apr\u00e8s ce bon vieux roi Dagobert (oui, on parle bien de celui qui aurait mis son futal \u00e0 l\u2019envers selon la c\u00e9l\u00e8bre chanson), c\u2019est le bazar complet, \u00e7a meurt et \u00e7a s\u2019assassine dans tous les coins, \u00e7a s\u2019exile dans un monast\u00e8re, \u00e7a pr\u00e9tend \u00eatre le fils l\u00e9gitime d\u2019untel, c\u2019est les feux de l\u2019amour \u00e0 la sauce m\u00e9rovingienne. Dagobert Ier est ainsi consid\u00e9r\u00e9 comme le dernier \u00ab&nbsp;vrai&nbsp;\u00bb roi de la dynastie, le pouvoir r\u00e9el passant \u00e0 partir de l\u00e0 de plus en plus dans les mains des maires du palais.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Etat franc conna\u00eet ainsi une situation politique fr\u00e9quemment instable et les causes d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 au sein du royaume sont multiples. Notamment, comme on l\u2019a vu, l&rsquo;usage de l\u2019\u00e9poque veut que le territoire se partage entre les fils du roi \u00e0 sa mort ce qui, on s\u2019en doute, cause des guerres entre les h\u00e9ritiers. A cela s\u2019ajoutent des conflits r\u00e9gionaux au sein des entit\u00e9s issues de ces partages comme l\u2019Austrasie, la Neustrie ou encore la Bourgogne. Cet \u00e9miettement progressif des royaumes va avoir pour cons\u00e9quence que la s\u00e9curit\u00e9 ne pourra plus \u00eatre assur\u00e9e par un pouvoir centralis\u00e9 fort, mais va tomber de facto dans les mains des familles les plus puissantes et donc de l\u2019aristocratie.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est dans ce contexte qu\u2019on va voir se d\u00e9velopper ce qui finira par devenir le syst\u00e8me f\u00e9odal. \u00c7a y est, on y vient&nbsp;! En effet, de nombreux hommes libres vont se mettre sous la protection et au service d\u2019autres hommes libres plus puissants qu\u2019eux. Dans les textes de l\u2019\u00e9poque, ces hommes \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s par l\u2019appellation <em>ingenui in obsequio<\/em>, soit \u00ab&nbsp;les hommes libres en d\u00e9pendance&nbsp;\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait un deal gagnant-gagnant, car les puissants qui accordaient leur protection avaient tout int\u00e9r\u00eat \u00e0 s&rsquo;attacher des hommes qu&rsquo;ils pourraient ensuite utiliser comme guerriers priv\u00e9s. Ce type d\u2019arrangement n\u2019\u00e9tait pas une nouveaut\u00e9 en soi, mais ce qui \u00e9tait nouveau, c\u2019\u00e9tait leur fr\u00e9quence.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019acte juridique par lequel un homme libre entrait dans la d\u00e9pendance de quelqu\u2019un \u00e9tait la recommandation. Nous sommes assez bien renseign\u00e9s sur cet acte de recommandation gr\u00e2ce \u00e0 une formule conserv\u00e9e dans un recueil datant de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du VIIIe si\u00e8cle. Une formule c\u2019est une charte qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pouill\u00e9e de ses \u00e9l\u00e9ments concrets. En soi&nbsp;: un formulaire vide. Ce document nous renseigne sur les effets de cet acte de la recommandation, notamment sur le fait qu\u2019il faisait na\u00eetre des obligations pour les deux parties&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le recommand\u00e9 devra servir et respecter celui qu\u2019il appelle son <em>dominus<\/em>, son seigneur, sous r\u00e9serve que ce service et ce respect soient limit\u00e9 \u00e0 ce qui est compatible avec le maintien de sa qualit\u00e9 d\u2019homme libre&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>Le seigneur devra, lui, aider et soutenir le recommand\u00e9 quant au vivre et au v\u00eatement, soit lui assurer entretien et protection.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le contrat prenait fin par la mort du recommand\u00e9 et, m\u00eame si ce n\u2019est pas explicit\u00e9, on peut supposer que la mort du seigneur produisait le m\u00eame effet.<\/p>\n\n\n\n<p>Notons que dans cette formule, la nature du service requis du recommand\u00e9 n\u2019est pas pr\u00e9cis\u00e9e. Il pouvait \u00eatre domestique, \u00e9conomique, arm\u00e9 ou le tout \u00e0 la fois. De m\u00eame, si la nature du service d\u00fb par le recommand\u00e9 pouvait \u00eatre diverse, le seigneur avait de son c\u00f4t\u00e9 le choix entre plusieurs moyens de fournir l\u2019entretien d\u00fb \u00e0 son prot\u00e9g\u00e9. Le mode le plus usuel a certainement \u00e9t\u00e9 l\u2019entretien direct du recommand\u00e9 par le seigneur. Le terme <em>vassus<\/em>, qui va donner vassal en fran\u00e7ais et qui \u00e0 l\u2019origine d\u00e9signait un esclave va d\u00e8s le VIIe si\u00e8cle \u00eatre utilis\u00e9 pour d\u00e9signer ces hommes libres en d\u00e9pendance. \u00c7a, c\u2019est pour la recommandation.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre pratique courante \u00e0 l\u2019\u00e9poque m\u00e9rovingienne \u00e9tait celle de la concession en tenure. Une tenure, c\u2019est une terre dont le propri\u00e9taire va conc\u00e9der \u00e0 une autre personne, le tenancier, l\u2019usufruit pour une dur\u00e9e prolong\u00e9e. L\u2019usage des tenures \u00e9tait extr\u00eamement r\u00e9pandu dans la monarchie franque, comme il l\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019Empire romain au cours des derniers si\u00e8cles de son histoire. Certaines tenures pouvaient \u00eatre qualifi\u00e9es de tenures on\u00e9reuses, parce que les redevances et surtout les prestations en travail dues par le tenancier y \u00e9taient relativement lourdes. Mais il y avait \u00e9galement d\u2019autres tenures, dont le trait essentiel \u00e9tait le caract\u00e8re sp\u00e9cialement favorable au tenancier. Le caract\u00e8re avantageux de ces concessions de terre a fait que le terme <em>beneficium<\/em>, soit bienfait\/b\u00e9n\u00e9fice \u00e9tait souvent employ\u00e9 dans les textes contemporains \u00e0 leur propos.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre maintenue au pouvoir pendant plusieurs si\u00e8cles, l\u2019autorit\u00e9 m\u00e9rovingienne commence \u00e0 faiblir au d\u00e9but du VIIe si\u00e8cle. Et alors que l\u2019autorit\u00e9 des rois d\u00e9cro\u00eet, celle des maires du palais, elle, s\u2019impose de plus en plus. Les maires du palais, \u00e0 l\u2019origine simple intendants, vont devenir les administrateurs r\u00e9els du royaume, comparables si on veut bien \u00e0 des premiers ministres. Une autre comparaison qu\u2019on pourrait faire est que le maire du palais est l\u2019\u00e9quivalent de la main du roi dans Game of Thrones. Et si vous avez retenu quelque chose de cette s\u00e9rie et de toute autre du m\u00eame genre, c\u2019est que le remplacement d\u2019une dynastie r\u00e9gnante par une autre, dans le cas qui nous occupe le remplacement des M\u00e9rovingiens par les Carolingiens, \u00e7a se passe rarement dans le calme.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, le maire du palais qui va faire la bascule entre ces deux dynasties, c\u2019est P\u00e9pin de Herstal. Je vous passe les d\u00e9tails du BAZAR ABSOLU que constitue la fin de la dynastie m\u00e9rovingienne en termes de successions de rois, de conflits entre les diff\u00e9rents royaumes parce que sinon on ne va pas s\u2019en sortir. Ce qu\u2019il faut retenir, c\u2019est que la fin du VIIe et la premi\u00e8re moiti\u00e9 du VIIIe si\u00e8cle vont constituer dans la monarchie franque une p\u00e9riode de luttes presque constantes qui ont accompagn\u00e9 l\u2019ascension au pouvoir de P\u00e9pin de Herstal puis de son fils Charles Martel. A noter que m\u00eame s\u2019ils \u00e9taient, dans les faits, au pouvoir, ni P\u00e9pin de Herstal ni Charles Martel ne se sont proclam\u00e9s rois. C\u2019est P\u00e9pin III, le fils de Charles Martel, qui sera le premier \u00e0 le faire et \u00e0 devenir donc le premier Carolingien.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full is-resized\"><img decoding=\"async\" width=\"830\" height=\"768\" src=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/genealogie-merovingiens-carolingiens-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1433\" style=\"width:786px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/genealogie-merovingiens-carolingiens-2.png 830w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/genealogie-merovingiens-carolingiens-2-300x278.png 300w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/genealogie-merovingiens-carolingiens-2-768x711.png 768w\" sizes=\"(max-width: 830px) 100vw, 830px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">G\u00e9n\u00e9alogie simplifi\u00e9e de la transition entre les M\u00e9rovingiens et les Carolingiens. &nbsp;\u00a9 Le Scriptorium<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Pour disposer de guerriers en nombre suffisant, loyaux et correctement arm\u00e9s, P\u00e9pin de Herstal et surtout Charles Martel apr\u00e8s lui ont multipli\u00e9 le nombre de leurs vassaux. Ils leur ont distribu\u00e9 des terres afin de leur permettre de subvenir \u00e0 leur propre entretien, de s\u2019\u00e9quiper, notamment en montures puisque la cavalerie commence \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 devenir une arme d\u00e9cisive. Ces terres provenaient probablement pour une part du patrimoine familial de P\u00e9pin de Herstal et Charles Martel, mais la plus grande partie a \u00e9t\u00e9 piqu\u00e9e \u00e0 l\u2019Eglise franque, qui disposait d\u2019un patrimoine foncier tr\u00e8s riche. Cela a eu pour effet de permettre d\u2019augmenter consid\u00e9rablement le nombre de vassaux dans la monarchie franque. D\u00e9tail int\u00e9ressant, c\u2019est notamment en compensation envers l\u2019Eglise franque pour lui avoir chourr\u00e9 ses terres que P\u00e9pin III va rendre obligatoire le paiement de la d\u00eeme, c\u2019est-\u00e0-dire du dixi\u00e8me du produit de la terre, \u00e0 l\u2019Eglise. A noter \u00e9galement : P\u00e9pin III, \u00e9galement appel\u00e9 \u201cP\u00e9pin le Bref\u201d, \u00e9tait le p\u00e8re de Charlemagne.<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 franque a donc connu d\u00e8s l\u2019\u00e9poque m\u00e9rovingienne la vassalit\u00e9 en tant qu\u2019institution qui cr\u00e9ait des rapports de subordination et de service de la part d\u2019une personne \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019une autre. Elle a \u00e9galement connu un type de concession de terres en tenure appel\u00e9 le b\u00e9n\u00e9fice.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au cours de l\u2019\u00e9poque carolingienne qu\u2019une nouvelle \u00e9tape vers ce qu\u2019on appelle le syst\u00e8me f\u00e9odal est franchie, puisque ces deux institutions, jusque-l\u00e0 tout \u00e0 fait ind\u00e9pendantes l\u2019une de l\u2019autre que sont la vassalit\u00e9 et le b\u00e9n\u00e9fice vont s\u2019unir de mani\u00e8re \u00e0 constituer un v\u00e9ritable syst\u00e8me d\u2019institutions. Ainsi, quand Charlemagne monte sur le tr\u00f4ne en 768, la situation a \u00e9volu\u00e9 de sorte que tant pour les seigneurs que pour le roi, accorder des b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 ses vassaux est devenu la norme.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette transformation est all\u00e9e de pair avec un autre ph\u00e9nom\u00e8ne. Au VIIe si\u00e8cle encore, le vassal \u00e9tait en g\u00e9n\u00e9ral une personne libre mais de condition sociale inf\u00e9rieure. Mais en distribuant, en b\u00e9n\u00e9fice, des biens consid\u00e9rables \u00e0 leurs vassaux, les premiers Carolingiens ont attir\u00e9 dans leur vassalit\u00e9 des personnes issues des classes sup\u00e9rieures de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019aristocratie. Le capital foncier mis \u00e0 leur disposition leur permettait d\u2019ailleurs d\u2019entretenir \u00e0 leur tour, par le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9, leurs propres vassaux, formant ainsi une sorte de pyramide d\u2019all\u00e9geances.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019essor de la vassalit\u00e9 auquel on assiste \u00e0 partir du r\u00e8gne de Charlemagne s\u2019explique par divers facteurs. D\u2019une part, la politique des rois et des empereurs (oui, puisque Charlemagne se fait couronner empereur en 800) \u00e9tait de multiplier le nombre de leurs vassaux afin de consolider leur propre autorit\u00e9. D\u2019autre part, \u00e0 partir de la seconde moiti\u00e9 du r\u00e8gne de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, les puissants de l\u2019Empire, qui \u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement investis de fonctions politiques, ont \u00e9galement entrepris de se constituer un vasselage propre \u00e9tendu de mani\u00e8re \u00e0 :<\/p>\n\n\n\n<ol style=\"list-style-type:lower-alpha\" class=\"wp-block-list\">\n<li>augmenter leurs moyens d\u2019action militaire&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>se faire payer plus cher leur soutien ou leur adh\u00e9sion \u00e0 un \u00e9ventuel parti.&nbsp;<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment qui explique l\u2019essor de la vassalit\u00e9 est, \u00e0 nouveau et comme mentionn\u00e9 au d\u00e9but de l\u2019\u00e9pisode, la question s\u00e9curitaire. Cette fois ce n\u2019est pas tant les luttes int\u00e9rieures qui menacent la paix, mais des menaces venues de l\u2019ext\u00e9rieur. A cette p\u00e9riode, l\u2019empire est en effet sans cesse troubl\u00e9e par les guerres et les incursions de populations dites \u00ab&nbsp;barbares&nbsp;\u00bb (notamment les Normands, comme discut\u00e9 dans l\u2019\u00e9pisode sur les Vikings, mais aussi par exemple les Sarrasins, les Slaves et les Hongrois sont autant de peuples qui vont poser probl\u00e8mes \u00e0 l\u2019Empire). Dans ce contexte, les hommes libres des milieux plus ais\u00e9s vont chercher \u00e0 entrer dans le vasselage de seigneurs susceptibles de leur apporter leur protection en \u00e9change.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De la m\u00eame fa\u00e7on que l\u2019entretien d\u00fb par le seigneur est devenu de plus en plus syst\u00e9matiquement la concession d\u2019un b\u00e9n\u00e9fice, le service d\u00fb par le vassal semble s\u2019\u00eatre sp\u00e9cifi\u00e9 de plus en plus. En effet, d\u00e8s le r\u00e8gne de Charlemagne, c\u2019est le caract\u00e8re militaire qui va l\u2019emporter sur les autres types de services.<\/p>\n\n\n\n<p>Au Xe si\u00e8cle le premier vrai \u00e2ge f\u00e9odal se met enfin en place et la vassalit\u00e9 devient la f\u00e9odalit\u00e9. Le terme de b\u00e9n\u00e9fice est remplac\u00e9 par le mot fief et cette terre donn\u00e9e en usufruit devient la base de tout syst\u00e8me de relations. Chacun cherche \u00e0 avoir le plus de fiefs possibles, quitte \u00e0 multiplier les hommages. Tout en bas de la pyramide, on trouve les petits vassaux, tout juste capables de s\u2019\u00e9quiper \u00e0 leurs frais et d\u2019avoir un cheval. Ensuite viennent les vassaux du comte, seigneur plus important donc, qui ont un patrimoine foncier plus que correct (c\u2019est la \u00ab&nbsp;classe moyenne&nbsp;\u00bb d\u2019aujourd\u2019hui). Enfin il y a les comtes eux-m\u00eames, les ducs et autres nobles. Cet \u00e9tat de fait r\u00e8gne particuli\u00e8rement entre la Loire et le Rhin. Dans le Midi et en Lombardie, malgr\u00e9 l\u2019encouragement des rois carolingiens, les institutions vassaliques vont rester embryonnaires.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but du XIe si\u00e8cle, les institutions f\u00e9odo-vassaliques sont bel et bien en place et les rites, les droits et les devoirs des deux parties ne varient plus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Parlons d\u2019abord du rite. Le futur vassal se pr\u00e9sente t\u00eate nue, sans armes, s\u2019agenouille et place ses mains dans celles de son seigneur. Ce geste rituel pourrait suffire \u00e0 cr\u00e9er ce lien de subordination, mais afin d\u2019accentuer qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 de l\u2019acte volontaire d\u2019un homme libre, le geste est souvent accompagn\u00e9 d\u2019une d\u00e9claration verbale de cette volont\u00e9. La seconde partie qui suit imm\u00e9diatement ce geste des mains est ce qu\u2019on appelle la fid\u00e9lit\u00e9. Il s\u2019agit d\u2019une formule plus ou moins longue par laquelle le vassal va pr\u00e9ciser la nature de son engagement. Le vassal pr\u00eate \u00e9galement serment, les mains pos\u00e9es soit sur des livres saints soit sur un coffret contenant des reliques, afin que sa promesse soit sous la protection de Dieu et prenne un caract\u00e8re sacr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image aligncenter size-full\"><img decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"429\" src=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/1024px-Bayeux_Tapestry_scene23_Harold_oath_William.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1435\" srcset=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/1024px-Bayeux_Tapestry_scene23_Harold_oath_William.jpg 1024w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/1024px-Bayeux_Tapestry_scene23_Harold_oath_William-300x126.jpg 300w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/1024px-Bayeux_Tapestry_scene23_Harold_oath_William-768x322.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">D\u00e9tail de la tapisserie de Bayeux, XIe si\u00e8cle, repr\u00e9sentant Harold Godwinson pr\u00eatant serment \u00e0 Guillaume de Normandie, chaque main pos\u00e9e sur un reliquaire. <a href=\"https:\/\/commons.wikimedia.org\/wiki\/File:Bayeux_Tapestry_scene23_Harold_oath_William.jpg?uselang=fr\">Source<\/a><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Cet hommage faisait na\u00eetre alors des obligations tant pour le vassal que pour le seigneur. Les obligations du vassal envers son seigneur \u00e9taient regroup\u00e9es sous deux cat\u00e9gories, l\u2019<em>auxilium<\/em> et le <em>consilium<\/em>, \u00e0 savoir l\u2019aide et le conseil. Cette aide comprend notamment le service militaire. Le service militaire du vassal est du point de vue du seigneur la raison d\u2019\u00eatre essentielle du contrat vassalique puisque c\u2019est avant tout pour disposer de chevaliers que le seigneur accepte des vassaux. Ce service pouvait prendre plusieurs formes : service d\u2019ost, pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 du territoire seigneurial quand celui-ci \u00e9tait menac\u00e9, service d\u2019escorte ou encore service de garde au ch\u00e2teau seigneurial par exemple. A noter que parfois le service militaire a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par une redevance p\u00e9cuniaire, l\u2019\u00e9cuage. L\u2019aide du vassal pouvait \u00e9galement prendre la forme d\u2019une aide judiciaire en acceptant de servir de r\u00e9pondant pour son seigneur et de pr\u00eater serment avec lui, ou encore une aide mat\u00e9rielle en mettant ses propres biens \u00e0 disposition du seigneur. Le devoir de conseil impliquait d\u2019une part, roulement de tambours, de conseiller le seigneur, mais aussi et surtout de juger les causes soumises \u00e0 la cour du seigneur, sous la pr\u00e9sidence de celui-ci bien entendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Parlons maintenant de la relation inverse, \u00e0 savoir des obligations du seigneur envers son vassal. Les prestations du seigneur envers son vassal peuvent se rassembler sous deux cat\u00e9gories, que nous connaissons d\u00e8s l\u2019\u00e9poque carolingienne : la protection et l\u2019entretien. Cela signifie que le seigneur \u00e9tait tenu de r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019appel de son vassal, quand celui-ci \u00e9tait injustement attaqu\u00e9, et qu\u2019il \u00e9tait tenu de le d\u00e9fendre contre ses ennemis. La protection du seigneur \u00e9tait donc militaire mais aussi judiciaire, puisqu\u2019il pouvait \u00eatre tenu de d\u00e9fendre son vassal en justice, par exemple devant la cour du roi. Quant \u00e0 l\u2019entretien, il avait pour but initial de permettre au vassal de remplir son obligation de service militaire. De la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019on dit \u201cqui veut aller loin m\u00e9nage sa monture\u201d, qui veut un vassal vigoureux sur le champ de bataille s\u2019assure que lui et son cheval ont assez \u00e0 manger. Cet entretien pouvait \u00eatre assur\u00e9 de deux fa\u00e7ons diff\u00e9rentes, soit en entretenant directement son vassal \u00e0 sa cour, \u00e0 savoir dans sa propre maisonn\u00e9e, soit en lui conc\u00e9dant un fief.<\/p>\n\n\n\n<p>La f\u00e9odalit\u00e9 est ainsi solidement \u00e9tablie, et c\u2019est alors qu\u2019entre en sc\u00e8ne la troisi\u00e8me et derni\u00e8re dynastie qui va nous int\u00e9resser aujourd\u2019hui : les Cap\u00e9tiens.<\/p>\n\n\n\n<p>En 987, le duc des Francs Hugues Capet est \u00e9lu roi au d\u00e9triment du pr\u00e9tendant carolingien au tr\u00f4ne. Le r\u00e8gne de ce premier repr\u00e9sentant de la dynastie cap\u00e9tienne est cependant marqu\u00e9 par la faiblesse du pouvoir royal face aux grands seigneurs. L\u2019autorit\u00e9 directe du roi est alors toujours limit\u00e9e au seul domaine royal, qui est \u00e0 cette \u00e9poque un territoire de taille modeste, et \u00e0 ses vassaux. Pour s&rsquo;imposer face aux grands seigneurs f\u00e9odaux, Hugues Capet et ses successeurs vont cependant pouvoir s\u2019appuyer sur plusieurs atouts. Tout d&rsquo;abord, avantage non n\u00e9gligeable, ils sont les seuls \u00e0 avoir le privil\u00e8ge de n\u2019\u00eatre les vassaux de personne. Tous les grands doivent leur pr\u00eater hommage pour leurs possessions, y compris d\u2019ailleurs le duc de Normandie devenu \u00e9galement roi d&rsquo;Angleterre apr\u00e8s 1066. Oui, le roi d\u2019Angleterre a \u00e9t\u00e9 pendant un temps le vassal du roi de France, situation qu\u2019il vivait probablement tr\u00e8s bien comme on s\u2019en doute.<\/p>\n\n\n\n<p>La strat\u00e9gie des Cap\u00e9tiens, notamment de Philippe Auguste, Saint Louis ou Philippe le Bel pour citer les plus connus, va \u00eatre de progressivement ajouter des fiefs au domaine royal, par les armes mais aussi par jugement, achat ou donation par exemple. Et ce faisant, ils vont porter le coup fatal \u00e0 la f\u00e9odalit\u00e9 en France, puisque plus le domaine royal grandit, plus le pouvoir royal est centralis\u00e9 sur la personne du roi, moins le syst\u00e8me f\u00e9odal tel qu\u2019on l\u2019a d\u00e9couvert au cours de cet \u00e9pisode faisait sens. Ainsi, \u00e0 la fin du XIIIe si\u00e8cle, les institutions f\u00e9odo-vassaliques ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre une caract\u00e9ristique du syst\u00e8me politique et de la structure sociale au sein des divers Etats de l\u2019Europe occidentale.<\/p>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est ainsi que s\u2019ach\u00e8ve notre survol de la f\u00e9odalit\u00e9. Mais avant de nous quitter, j\u2019aimerais revenir sur un point tr\u00e8s sp\u00e9cifique, puisque je me suis auto-proclam\u00e9e d\u00e9fenseur de la r\u00e9putation du Moyen \u00e2ge. Il y a un clich\u00e9 li\u00e9 au syst\u00e8me f\u00e9odal que l\u2019on retrouve \u00e0 gogo dans les romans, les s\u00e9ries, les films, on y a par exemple droit au d\u00e9but de Braveheart, c\u2019est le soi-disant droit de cuissage ou droit de la premi\u00e8re nuit. C\u2019est cette id\u00e9e re\u00e7ue, absolument ignoble soit dit en passant, selon laquelle le seigneur avait le droit de se pointer au mariage de son vassal, de repartir avec la mari\u00e9e, qu\u2019elle le veuille ou non \u00e9videmment, et de la ramener le lendemain matin. Et vous vous doutez bien que ce n\u2019\u00e9tait pas pour jouer aux dames. Alors ouvrez grand vos oreilles : ce soi-disant droit n\u2019a jamais eu d&rsquo;existence l\u00e9gale en Europe, ou en tout cas pas qui puisse \u00eatre attest\u00e9 par une quelconque source documentaire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Alors oui, je ne dis pas qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de seigneur libidineux qui a abus\u00e9 de son autorit\u00e9 de cette mani\u00e8re, mais d\u00e9peindre \u00e7a comme une pratique courante, l\u00e9gale m\u00eame, et surtout banalis\u00e9e, c\u2019est absolument faux. La plupart des r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 cette pratique datent par ailleurs d\u2019apr\u00e8s la R\u00e9volution fran\u00e7aise, contexte dans lequel il est assez clair qu\u2019il s\u2019agit de propagande contre le syst\u00e8me f\u00e9odal, pour des raisons politiques, \u00e9videmment. En r\u00e9sum\u00e9&nbsp;: c\u2019est des fake news.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator aligncenter has-alpha-channel-opacity is-style-dots\"\/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile\" style=\"grid-template-columns:auto 23%\"><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<p><\/p>\n<\/div><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"617\" src=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/paraphe-1024x617.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-1317 size-full\" srcset=\"https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/paraphe-1024x617.png 1024w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/paraphe-300x181.png 300w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/paraphe-768x463.png 768w, https:\/\/le-scriptorium.ch\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/paraphe.png 1386w\" sizes=\"(max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Pour en savoir plus&#8230;<\/h4>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois L. Ganshof, <em>Qu&rsquo;est-ce que la f\u00e9odalit\u00e9? <\/em>, 5e \u00e9dition, Editions Tallandier (2015)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bonjour \u00e0 toutes et \u00e0 tous et bienvenue dans le Scriptorium pour ce quatri\u00e8me \u00e9pisode du \u00ab&nbsp;(pas si) Moyen \u00e2ge&nbsp;\u00bb&nbsp;! Aujourd\u2019hui, nous allons nous int\u00e9resser \u00e0 la f\u00e9odalit\u00e9. Dans les grandes lignes, la f\u00e9odalit\u00e9 c\u2019est le syst\u00e8me politique, \u00e9conomique et social qui a domin\u00e9 l\u2019Europe occidentale du Xe au XIIIe si\u00e8cle. On pourrait se contenter [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1435,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[20,17,14,13,18,16,12],"class_list":["post-1429","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-le-pas-si-moyen-age","tag-charlemagne","tag-culture","tag-feodalite","tag-histoire","tag-medias","tag-medieval","tag-moyen-age"],"blocksy_meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1429","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1429"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1429\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1441,"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1429\/revisions\/1441"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1435"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1429"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1429"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/le-scriptorium.ch\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1429"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}